Vœu relatif à l’avenir de l’Hôtel-Dieu

Déposé par Corine Faugeron, Emmanuelle Rivier, Fatoumata Koné, et les élu·es du groupe Les Écologistes.

Considérant que l’Hôtel-Dieu de Paris, situé sur l’île de la Cité en bordure nord du parvis Notre-Dame, constitue le plus ancien hôpital de la capitale et l’un des plus anciens d’Europe ;

Considérant que l’Hôtel-Dieu a été fondé au VIIᵉ siècle par Saint Landry, évêque de Paris, dans le but de soigner les pauvres et les malades, et qu’il servait à l’origine de refuge pour les sans-abri et de lieu d’accueil pour les pèlerins, incarnant ainsi, dès ses débuts, la vocation profondément humaniste et hospitalière de la Ville de Paris ;

Considérant que cet établissement, reconstruit entre 1867 et 1878, a traversé les siècles en demeurant un symbole de solidarité, de charité et de soin universel, et qu’il constitue un repère historique, architectural et social majeur du centre de Paris ;

Considérant que cet établissement, situé au cœur du 4ᵉ arrondissement, a toujours été intégralement dédié à sa mission hospitalière et de santé publique, assurant une prise en charge de proximité pour les Parisien·nes et les habitant·es de la petite couronne en raison de sa situation et de sa desserte par 4 lignes de métro et de 2 lignes de RER ;

Considérant que l’Hôtel-Dieu joue aujourd’hui encore un rôle essentiel dans la réponse aux besoins de santé du centre de Paris, accueillant notamment un service d’accueil des urgences medico-judiciaires et d’un service d’accueil des urgences avec une prise en charge adapté aux touristes étrangers  la plus importante Permanence d’Accès aux Soins de Santé d’Île-de-France, un centre de santé sexuelle, ainsi que des services de psychiatrie, de santé mentale et de prévention en lien avec la Ville de Paris et les associations partenaires ;

Considérant que la vétusté du bâti et les besoins en modernisation nécessitent d’importants investissements pour assurer la conformité aux normes hospitalières, améliorer les conditions de travail du personnel soignant et garantir un accueil digne des patient·es ;

Considérant que l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) porte un projet dit du “Nouvel Hôtel-Dieu”, qui prévoit environ 26 000 m² dédiés au volet hospitalier, ainsi qu’un second volet d’environ 20 000 m², dit “Agora”, dans laquelle le groupement Novaxia souhaite intégrer des usages tertiaires des bureaux et commerces 

Considérant que ce secteur présente déjà l’une des plus fortes densités commerciales de Paris ;

Considérant que la généralisation du télétravail depuis la crise sanitaire de la COVID-19 a profondément transformé les besoins en espaces de bureaux, et que les enjeux actuels de la capitale portent davantage sur la création de logements accessibles et la mixité des usages que sur l’augmentation des surfaces tertiaires ;

Considérant enfin que les habitant·es et les élu·es du centre de Paris constatent un manque criant d’équipements collectifs publics essentiels à la vitalité sociale et au bien-être du quartier ;

Considérant que les élu·es, les associations, les professionnel·les de santé et les habitant·es expriment depuis plus de 20 ans  leurs inquiétudes quant au risque de privatisation du site , et appellent à une réaffirmation de son rôle de service public de santé de plein exercice au cœur de la capitale ;

Considérant la pression structurelle sur les urgences franciliennes, marquée par la hausse du nombre de passages, les fermetures temporaires de lits dans plusieurs établissements et les difficultés de recrutement, qui rendent indispensable le maintien et la modernisation des capacités d’accueil de l’Hôtel-Dieu ;

Considérant que l’AP-HP a, à plusieurs reprises, mis à disposition ponctuellement certains espaces vacants de l’Hôtel-Dieu pour l’hébergement d’urgence hivernal ;

Considérant que le décompte de la Nuit de la Solidarité 2025 a mis en évidence que le 19e arrondissement et Paris Centre concentrent le plus grand nombre de personnes vivant à la rue ;

Considérant que la tension actuelle sur le dispositif d’hébergement d’urgence à Paris impose de mobiliser des sites publics inoccupés ou sous-utilisés pour renforcer la capacité d’accueil ;

Considérant enfin que l’Hôtel-Dieu, par sa localisation centrale, son histoire et sa vocation d’accueil universel, pourrait utilement concilier mission hospitalière de service public et mission de solidarité, en mettant à disposition une partie de ses espaces inoccupés pour un dispositif d’hébergement d’urgence.

Sur proposition de Corine Faugeron, Emmanuelle Rivier, Fatoumata Koné, et les élu·es du groupe Les Écologistes, le Conseil de Paris émet le vœu que la Ville de Paris :

  • réaffirme l’attachement de la Ville de Paris à la mission hospitalière de service public de l’Hôtel-Dieu et sa volonté de préserver le caractère public, social et universel de l’ensemble du site, en faisant de l’Hôtel-Dieu un lieu emblématique de la santé, de la solidarité et de l’accueil inconditionnel à Paris ;
  • interpelle l’AP-HP pour que soit garanti le maintien durable d’un hôpital public de plein exercice, au cœur de la capitale ;
  • interpelle l’AP-HP pour que soit proposé à la préfecture de région Île-de-France et à la DRIHL la mise à disposition les espaces vacants de l’Hôtel-Dieu pour y créer, en complément de l’activité hospitalière, des dispositifs d’hébergement d’urgence.

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