Vœu relatif à la priorisation des ambitions de la Ville de Paris et à la mise en œuvre d’une budgétisation cohérente dès 2023

Sans titre (9)

rattaché à la délibération 2022 DFA 8 

Budget supplémentaire 2022 du budget général de la Ville de Paris

déposé par Alice TIMSIT, Jérôme GLEIZES, Nour DURAND-RAUCHER, Sylvain RAIFAUD, Fatoumata KONÉ et les élu·e·s du Groupe Écologiste de Paris (GEP) 

Considérant l’accélération des effets du dérèglement climatique dont les nouvelles vagues de chaleur, les nouveaux risques d’épidémie infectieuse, la crise sévère du pouvoir d’achat, dont la Ville doit prendre la mesure en réévaluant substantiellement ses priorités de financement ;

Considérant la probabilité importante d’une crise énergétique (arrêt de réacteurs nucléaires pour cause de sécheresse, plan de réduction de la consommation de gaz annoncé le 24 juin 2022, guerre entre l’Ukraine et la Russie…) ;

Considérant en effet que la Ville doit s’ancrer dans une nouvelle vision de la résilience et de l’adaptation, tant sur le plan de la robustesse de ses finances que pour faire face aux éventuelles futures crises, notamment en satisfaisant aux objectifs du Plan Climat et en premier lieu celui de neutralité carbone d’ici 2050 ;

Considérant qu’il est urgent de prioriser les dépenses de la Ville pour restreindre fortement les investissements dans des projets contradictoires avec les ambitions sociales, sanitaires,  écologiques et climatiques de la Ville, notamment en stoppant le financement direct de grands projets inutiles, de projets évènementiels et sportifs pharaoniques à l’instar des Jeux Olympiques et Paralympiques dont la Ville ne doit pas prendre la charge démesurément ;

Considérant que le Groupe Écologiste de Paris entend réaffirmer la nécessité d’abandonner les projets immobiliers lucratifs qui se font trop souvent au détriment des espaces de pleine terre ou de la création de logements sociaux ;

Considérant qu’il nous faut collectivement redéfinir l’ambition de transformation du paysage urbain pour tenir compte de l’évolution de la mobilité, pour redonner plus de place dans l’espace public aux piétons, aux familles, et pour anticiper la hausse des températures qui pourrait rendre notre Ville invivable à chaque été en végétalisant et en débitumant ;

Considérant que pour atteindre cet objectif, la Ville doit réaliser un exercice de budgétisation de ses ambitions en matière d’urbanisme de façon simultanée à la révision du PLU bioclimatique ;

Considérant que pour être cohérente, la Ville doit également s’assurer de mobiliser des moyens opérationnels et humains au juste niveau de ses ambitions. Il est essentiel de recruter des personnel.le.s de la Ville pour mettre en oeuvre les priorités climatiques, sociales et sanitaires votées en Conseil de Paris ;

Considérant par ailleurs la contrainte financière qui grève substantiellement le budget de la Ville (extinction de la dotation globale de fonctionnement dès 2023, hausse des péréquations, rétablissement progressif des recettes de fonctionnement telles que les DMTO ou la taxe de séjour) ;

Considérant le poids de la conjoncture économique actuelle sur le budget de la collectivité  avec une hausse réelle du prix de l’énergie de 44,5 % pour le gaz et de 60 % pour l’électricité selon les estimations de la CRE, contrecarrée par le bouclier énergétique pour n’enregistrer qu’une hausse plafonnée à 4 % en 2022 mais qui ne saurait être une solution durable, ainsi qu’un niveau d’inflation qui a déjà atteint 5,2 % en mai 2022 sur un an ;

Considérant la nécessité de formaliser un acte 2 de la mandature en recentrant nos ambitions en direction de la lutte contre le réchauffement climatique, de la solidarité et du quotidien des parisiennes et des parisiens ;

Aussi, sur proposition d’Alice TIMSIT, de Jérôme GLEIZES, de Nour DURAND-RAUCHER, de Sylvain RAIFAUD, de Fatoumata KONÉ et des élu·e·s du Groupe Écologiste de Paris (GEP) le Conseil de Paris émet le voeu que la Ville de Paris :

  • Élabore un document de mi-mandature redéfinissant les priorités de la Ville, au regard des deux années déjà écoulées,
  • entame des discussions budgétaires sur cette base pour définir dès la rentrée de septembre 2022 une programmation budgétaire, et les principales dépenses à inscrire au budget primitif de l’année 2023,
  • se donne comme principale priorité de soutenir et d’investir dans les politiques publiques permettant d’assurer la résilience de notre Ville, face au changement climatique, pour la solidarité, et permettant de garantir la robustesse financière de Paris en anticipation des multiples et futures crises économiques, sanitaires et énergétiques.
Groupe écologiste de Paris - GEP

Le Groupe Écologiste de paris

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