Vœu relatif à l’étude et la création d’espaces de consommation et de repos à Paris ainsi que le renforcement du plan de mobilisation sur le crack

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Considérant le plan de mobilisation sur la problématique du crack à Paris dans le nord-est parisien adopté à l’unanimité au Conseil de Paris de mai 2019 ; 

Considérant que ce plan d’actions 2019-2021 propose une meilleure régulation de l’espace public et une politique coordonnée de réduction des risques et des dommages en faveur des usager·e·s de crack et des poly-consommateurs·trices en errance ; 

Considérant la diversité des objectifs poursuivis par ce plan : 

● Accompagner les usager·e·s de drogues vers un parcours de soin 

● Héberger, mettre à l’abri pour permettre une sortie de rue 

● Intervenir dans l’espace public à la rencontre des usager·e·s et des habitant·e·s dans un souci d’améliorer la tranquillité publique et lutter contre les trafics 

● Améliorer les connaissances pour adapter les dispositifs 

Considérant la persistance de la consommation de crack sur l’espace public parisien (ex: Stalingrad, avenue de Flandre, Jardin d’Eole, les Halles, etc.) ainsi que les troubles à la sécurité, à la tranquillité et à la salubrité publique qui en résultent, particulièrement la nuit ; 

Considérant la littérature scientifique internationale qui a désormais établi l’efficacité des salles de consommation à moindre risque (SCMR) tant sur un plan sanitaire que d’un point de vue de la prévention des troubles à l’ordre public ; 

Considérant que la nouvelle étude – indépendante – de l’INSERM du 7 mai 2021, conduite entre 2013 et 2021, à propos de l’évaluation des salles de consommation à moindre risque notamment à Paris repose sur une approche pluridisciplinaire et a mobilisé près de 40 scientifiques dans 4 équipes de recherche ; 

Considérant la démonstration par l’étude d’une amélioration significative de la santé des consommateurs·trices, une diminution des passages aux urgences, l’évitement de coûts médicaux importants, la baisse du nombre de seringues abandonnées dans l’espace public et l’amélioration de la tranquillité de l’espace public lié à l’implantation des SCMR ; 

Considérant que cette nouvelle étude conclut que “les SCMR ont fait la preuve de leur efficacité. Elles ne résolvent pas toutefois, à elles seules, l’ensemble des problèmes de santé et de tranquillité liés à l’usage de drogues. L’évaluation des expérimentations menées à Paris et Strasbourg démontre cependant que de nouvelles implantations méritent d’être étudiées, en fonction des contextes locaux, en complément des autres dispositifs d’accompagnement de RDRD (réduction des risques et des dommages) et de sécurisation de l’espace public.” ;

Considérant qu’il existe 37 salles de consommation à moindre risque (SCMR) aux Pays-Bas dont 3 à Amsterdam, 26 en Allemagne dont 4 à Berlin, Francfort et Hambourg, 13 en Suisse dont 4 à Zurich, 12 en Espagne dont 8 à Barcelone, que la France en compte uniquement deux situées dans les villes de Strasbourg et Paris 10e et par conséquent que ces deux salles sont insuffisantes au regard de la population concernée et de l’efficacité du dispositif ; 

Considérant la nécessité d’accélérer la mise en oeuvre du plan de mobilisation sur la problématique du crack à Paris dans le nord-est parisien à travers la création de salles de consommation à moindre risque supplémentaires à Paris et en Île-de-France notamment dans les départements du 93 et du 94 pour répondre à cette problématique sanitaire qui accentue les troubles à l’ordre public au sein des quartiers concernés ; 

Considérant la nécessité d’ouvrir, dans le même temps, plusieurs espaces de consommation et de repos, à taille humaine, de façon à ce qu’aucun quartier, aucun arrondissement, n’assume à lui seul la prise en charge sociale et sanitaire des usagers de drogue ;

Considérant en outre les 170 passages en moyenne par jour au sein de la salle de consommation à moindre risque du 10e arrondissement hors période Covid et les 100 passages en moyenne par jour depuis le premier confinement, soit plus de 190 000 consommations évitées dans l’espace public depuis 2016 ; 

Considérant qu’une partie des riverain·ne·s de la SCMR du 10e arrondissement déclarent constater une diminution des injections dans l’espace public, une amélioration de la tranquillité publique, sont rassuré·e·s par la présence de la SCMR qui permet pour les usager·e·s d’être mieux pris en charge et demandent d’ailleurs une augmentation des heures d’ouverture du lieu et l’ouverture d’autres SCMR ; 

Considérant le voeu déposé par le Groupe Écologiste de Paris au Conseil de Paris de février 2019 relatif à l’instruction et au déploiement de nouvelles salles de consommation à moindre risques ; 

Considérant l’arrêté du 15 juillet 2019 ouvrant la possibilité pour les SCMR d’accueillir des publics qui consomment par inhalation là où le cahier des charges initial dédiait ce dispositif à l’accueil des publics injecteurs uniquement ; 

Considérant la récente explosion de violence dans le quartier Stalingrad le week-end du 1er mai dernier impliquant des tirs de mortiers d’artifice de la part de riverain·ne·s visant des consommateurs·trices de crack ; 

Considérant que l’ouverture du jardin d’Eole à compter du 17 mai 2021 décidée par la préfecture de police pour y regrouper les usagers de drogue jusqu’à 1h du matin n’est pas une solution pérenne et ne peut se substituer à des politiques publiques de long terme ;

Considérant que seule une réponse globale comprenant à la fois des mesures de sécurité et de santé, est susceptible de tranquilliser de manière pérenne les quartiers concernés par la présence d’usager·e·s de drogues sur l’espace public ; 

Sur proposition de Alice TIMSIT, Fatoumata KONÉ, Emile MEUNIER et des élu·e·s du Groupe Écologiste de Paris, le Conseil de Paris demande : 

que soit mis à l’étude la création rapide de salles de consommation à moindre risque (SCMR), aux amplitudes horaires élargies, accompagnées d’espaces de repos, dans les arrondissements concernés (Paris Centre, 18ème, 19ème …)  et que commencent dès maintenant des processus de concertation avec les habitant.e.s sur le sujet ; 

un renfort, en urgence, des équipes de médiation psycho-sociales, notamment des maraudes psychiatriques dans les quartiers concernés ; 

la création de nouvelles places d’hébergement et de logements thérapeutiques pérennes pour les usagers de crack afin de compléter le nombre de places déjà existant pour ce public et en attendant la création de ces places pérennes, le renforcement, en urgence, du dispositif Assore géré par l’association Aurore pour permettre l’ouverture de places socialement accompagnées  supplémentaires de mise à l’abri à l’hôtel ; 

un renfort, en urgence, de patrouilles piétonnes de police nationale pour sécuriser les quartiers concernés et freiner les trafics de drogue ; 
que la Ville de Paris incite la Métropole à se saisir de cette question pour accompagner les efforts de déploiement parisien.

Groupe écologiste de Paris - GEP

Le Groupe Écologiste de paris

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