Vœu relatif à l’oppression des Ouïghours

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Considérant la violation délibérée et ignominieuse par la Chine des droits fondamentaux des Ouïghours pour raison politique et religieuse ;

Considérant que sous prétexte de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, l’État chinois a transféré près d’un million de membres de la communauté musulmane Ouïghours dans des camps de détention ;

Considérant les actes qualifiables de torture commis dans ces camps et relatés par certains et certaines rescapé·e·s ;

Considérant que ces violences sont rapportées également par les experts du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale qui faisaient état le
10 août 2018 de la situation d’un million de Ouïghours détenu·e·s dans des “camps d’internement” ressemblant à une “sorte de zone de non-droit” ;

Considérant que la Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme a demandé à plusieurs reprises, d’abord le 10 septembre 2018, puis en 2019 et en 2020, à la suite des nombreuses déclarations infirmatives de la Chine, l’accès aux territoires concernés afin que les observateurs internationaux assurent la vérification des faits, ce que la Chine refuse pour l’heure ;

Considérant que des documents secrets du gouvernement chinois datant de 2017 ont été divulgués le 24 novembre 2019, que ces derniers contiennent notamment le manuel d’opération pour la gestion de camps de détention de masse et qu’ils mettent en évidence l’existence d’un système de surveillance de masse ;

Considérant l’étude réalisée par l’Institut australien de stratégie politique affirmant que des dizaines de milliers de Ouïghours ont été transférés dans des usines appartenant à 83 grandes marques connues à l’échelle internationale comparable à une situation d’esclavage pour ces populations ;

Considérant l’attribution du Prix Sakharov par le Parlement européen en octobre 2020 à Ilham Tohti, universitaire et dissident ouïghours emprisonné à vie par l’Etat chinois ;

Considérant les déclarations de Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le 24 février 2021 devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, dénonçant notamment un “système de répression institutionnalisé” organisé par l’Etat Chinois et à l’encontre du peuple Ouïghours.

Sur proposition de Antoinette GUHL, Sylvain RAIFAUD, Aminata NIAKATE, Fatoumata KONÉ et l’ensemble des élu·e·s du Groupe Écologiste de Paris, le Conseil de Paris émet le voeu que la Ville de Paris:

  • Dénonce publiquement l’oppression dont sont victimes les Ouïghours en Chine et formalise cette position dans les liens diplomatiques que Paris a tissé à l’échelle internationale ainsi que par un affichage sur la façade de l’Hôtel de Ville ;
  • Demande à l’Etat français d’agir en conséquence de ses déclarations par le biais de sa politique étrangère et de ses relations avec l’Union européenne et les instances supranationales et internationales auxquelles il participe ;
  • Se positionne comme une ville refuge pour les personnes rescapées de ces camps ;
  • Qu’elle assure la communauté des Ouïghours de France de sa solidarité et matérialise son soutien par la mise à disposition, le cas échéant, de l’Hôtel de Ville ou des Mairies d’arrondissement pour organiser les évènements de sensibilisation nécessaires à une prise de conscience collective ;
  • Attribue sa citoyenneté d’honneur au dissident ouïghours Ilham Tohti ;
  • Qu’elle analyse sa commande publique afin de s’assurer qu’aucune des entreprises citées dans le rapport de l’Institut australien de stratégie politique n’intègre sa liste de fournisseurs et qu’elle dénonce toute coopération avec ces entreprises le cas échéant. 
Groupe écologiste de Paris - GEP

Le Groupe Écologiste de paris

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